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Ca fait déjà 3 semaines, mais bien que je pense énormément à toi, le temps m'a manqué pour venir te raconter.

J'avais peur que mon deuxième accouchement soit terni par le premier. Que des images me reviennent par flash. Mais non, finalement vous avez eu chacune votre moment unique. Camille le 18 août 2014, Maëlle le 30 novembre 2015...

Tout se déroulait bien, jusqu'à ce que le petit coeur de Maëlle disparaisse du monito et que tout le monde s'active autour de moi. Moi qui pensait qu'elle avait seulement bougé et qu'on avait perdu le signal. Là, j'ai vraiment eu peur. J'ai pensé : "Non! Pas maintenant, pas si prêt du but! Elle ne peut pas nous faire ça elle aussi!!"

Puis son coeur est reparti. Moi je tremblais comme une feuille.

Et enfin elle est arrivée. Toute chaude, posée sur mon ventre. Toute ronde aussi. Et on a pleuré tous les trois enlassés...

Noël arrive à grand pas. Cette année il aura une saveur particulière. Cette année il y aura de minuscules petits chaussons roses au pied de notre gros sapin. Ta petite soeur est là, et pas toi. Finalement je crois qu'il me manquera toujours un enfant. La douleur finira peut être par s'estomper, mais il restera une vilaine cicatrice.

J'ai entendu un monsieur l'autre jour, en parlant de ses enfants, dire "le 2ème est là parce que le 1er n'est pas là". Et c'est vrai. Si tu avais été là, Maëlle ne serait pas née. Dire qu'elle vit parce que tu es morte...

Je lui ai donné ton doudou, qu'on appelle "Doudou Camille". Elle dort la tête posée dessus. J'ai écrit sur son livre de naissance qu'elle a une soeur dans les étoiles.

Mais je n'ai pas encore osé lui parler de toi. C'est tellement difficile pour moi. Faire attention à l'appeler Maëlle, pas Camille. Et pourtant je sais que ma langue fourchera bien un jour ou l'autre. Hier la sage femme me parlait de mon utérus "qui a porté mes enfants"... et j'ai fondu en larmes.

Se dire qu'on touche du doigt ce qu'on attendait depuis si longtemps, et se trouver tellement désemparé quand elle pleure et qu'on ne sait pas pourquoi.

L'ambivalence des sentiments...

Ma Camille, tu me manques toujours autant. Demain soir, pour le réveillon, on allumera ta bougie. Seul signe de ta présence...